Hello guys !
Pardon de ne pas avoir donné de nouvelles, mais mon blog était en maintenance depuis le 29 décembre et j'étais donc dans l'impossibilité d'écrire de nouveaux articles ou même de voir vos - nombreux =D - commentaires. En passant, merci de ne pas poster des comm's pour de la pub car je n'en vois pas l'utilité - puisque je n'y réponds jamais - et que lesdits commentaires se retrouvent ... à la poubelle -___-' J'ai quand même obtenu des excuses et merci à la chère demoiselle qui se reconnaîtra ;-)
Ca m'fait rire parce que j'ai envie de faire un article et que je ne sais pas quoi écrire. L'autre jour, j'ai reçu un message me demandant si ça ne me gênait pas de dévoiler ma vie sur le net. Le net ? But we don't care !! And it's de most important thing ^__^ Tout le monde s'en fout de qui je suis, et ça me plaît. Je raconte ma vie sur le net parce que je ne suis pas capable de nouer des relations sociales [ j'allais écrire " sexuelles ", mais ça aussi ... je sors --> ] normales avec des gens dits normaux. Et en vrai. A part avec mes profs [ c'est d'ailleurs l'un des trucs les plus flippants chez moi ], je ne parle pas. J'me sens comme ... à part. Je ne m'en vante pas. Mais ce n'est pas à moi que paraît étrange le fait de passer ses midis et ses mercredis aprèm à la bibliothèque. Ô pardon, Sainteté Royale, si j'ai pu Vous offenser de quelque manière que ce fût ! Mais voilà. Je suis comme ça et c'est aussi de cette façon qu'il faut me prendre. Sinon, je suis très bien toute seule. Ca m'évite les railleries, les regards de pitié parfois.
Amélie S. m'a appelée pour qu'on aille au Bibi. Café, moi ? *blink* Non non, tu m'auras pas. De un, parce que j'ai tout sauf une allure de gothique, et puis de deux parce que je ne suis pas sociable et que j'aurais l'impression d'avoir toutes les paires d'yeux braquées sur moi. Non non, hors de question. Ciné ? Okay. Sauf qu'elle a fait une chose que je n'avais pas prévue, évidemment. Elle a ramené un mec. Oh nan, manquait plus que ça.
- Et toi, tu cherches quelqu'un ?
- Non.
- Ca te manque pas les câlins ?
- Si mais ... non. Je veux pas.
- T'es bizarre.
Je sais, je suis très bizarre et j'en suis fière. Nan, c'est pas le mot. Je m'en tape, c'est tout. Le seul que je laissais m'approcher, c'était Michael. Ca ferait deux ans début février qu'il est mort. Les années passent vite et j'me dis qu'il serait heureux de voir où j'en suis aujourd'hui. Euh ... en y réfléchissant un peu plus ... il vaut mieux qu'il ne sache rien. Quitter la mutilation, c'est super, mais pour la boulimie-anorexie [ doc' qui a dit !! ] ... non. Pas bien du tout. Méchante. Sale fille. Sale, c'est le cas de le dire. J'me dégoûte. Mon système digestif tourne à l'envers. My god, qu'est-ce que j'ai fait ?
J'ai mal aux épaules, à la gorge qui me gratte ou me fait mal, j'en sais rien et peut-être les deux. J'suis épuisée mais incapable de dormir. Je m'étais dit qu'aujourd'hui serait une bonne journée. Tranquille au cinéma avec une amie que j'avais presque perdue de vue, quoi de mieux ? Sauf que c'est pas un mec qu'elle m'a ramené, c'est quatre. Deux de plus dans le hall et un autre nous a rejoint dans la salle de projection. J'ai déjà oublié leurs noms. Lionel ... Arnaud et ... pff, c'est fou c'que j'fais attention à ce qu'on me dit.
Je suis sale, oui. Je suis une salope [ ah bah oui, tant que je suis dans les insultes ... ] qui se retrouve la tête dans les chiottes après chaque repas si elle a le malheur de manger et qui se prend jusqu'à huit laxatifs par jour pour être sûre d'être " vide ". Vide. Qu'est-ce que ça signifie ? ... Rien. Aujourd'hui, une seule certitude. Au moins je pèserai, au plus je serai vide et donc propre. Adieu la saleté, adieu la servitude et les jeux de sexe dégueulasses. Adieu à tout ce que j'ai pu être un jour.
Je fous ma santé en l'air, merde. Tout le monde s'en soucie sauf moi. Il y a maintenant trois jours, au soir, je vomissais - comme tous les soirs. J'avais mal, mon ½sophage se tordait de douleur presque autant que cette saloprie d'estomac. J'ai saisi le rouleau de papier toilette pour essuyer mes doigts pleins de bave, sans regarder, tant mes yeux me brûlaient. [ Qu'est-ce que vous croyez ? La tête à la renverse pendant plusieurs minutes, le sang monte et vos globes oculaires se retrouvent injectés de ce liquide rouge. ] J'ai pas regardé et j'ai balancé le papier dans les toilettes. On recommence, encore et encore. Epuisée, je laisse reposer mes mains sur les cuisses tendues par l'effort de rester debout. Pas accroupie, jamais. Mon pyjama jaune est couvert d'un truc rouge par endroits. Je regarde mes doigts. Du sang. Tiens, manquait plus que ça. Trois jours que ça dure et j'en ai marre. Marre de me faire mal et de continuer malgré tout. Mais je continue et je me penche de nouveau au dessus de la cuvette. Mon corps forme un arc, secoué par les pleurs et les vomissements. J'ai mal mais je ne m'arrête pas. Je ne fais pas ça pour maigrir, pas seulement. C'est devenu comme un besoin au fil du temps. Y'a un an et demi, je me faisais déjà vomir. Mais tout était différent. J'étais encore capable de m'arrêter et de ne plus vomir pendant un mois si je le voulais. Résolution du Nouvel An ? Ne plus vomir, ne plus se focaliser sur son poids et le laisser aux 56 kg que j'avais réussi à atteindre. Mais c'est sans compter sur cette putain d'obsession qui me bouffe le cerveau.
Lutter pour ne pas penser à manger ... Craquer et manger quand même ... Non. Engloutir est plus juste ... Se sentir mal, avoir l'estomac qui se tord parce qu'il n'est plus capable de digérer et en pleurer de frustration ... Se retrouver le nez dans la cuvette des toilettes, deux doigts au fond de la gorge ... Calvaire. Horreur - horreur de soi-même. Soumission. Le pire là-dedans, c'est que l'on ne peut pas fuir. Je pense honnêtement que la mutilation est cent fois moins pire que cette foutue boulimie-anorexique, comme dit le toubib. Oui, je sais. Vous penserez que je dis ça parce que je m'en suis sortie. Non. Ou peut-être bien que oui. La mutilation, j'en avais tellement marre au bout de ces trois longues années que pour en sortir, je voulais en finir. Mais là je suis coincée !! Je ne veux pas mourir. Ca serait si simple ...
J'ai fait ma belle gueule moi, ma grande gueule encore une fois. Je flippe. Pas envie de revoir le doc'. 55 kg la dernière fois. Et encore, j'avais bu deux litres d'eau et il l'a deviné. Je devais reprendre du poids pour janvier. Devais hein. J'étais remontée à 56, c'est chouette =) Mais là, dégringolade. 56 ... 55 ... 54 ... 53 ... 52 ... 51. Et demain ? Et ensuite ? J'angoisse.
Comment se passent mes journées ? Dans la peur. Mon cerveau tourne à vive allure, cherchant toujours une tactique pour sauter un repas. Ca a marché aujourd'hui. Levée à six heures du matin par deux chats qui ne voulaient vraiment pas me laisser dormir [ trop la dalle, mdr ], je n'ai pas pu me rendormir. Petit déjeuner ? Hirk. Ne me faites pas manger le matin. Même l'eau ça ne passe pas. Oui oui, je la vomis aussi celle-là. Je vis dans l'angoisse parce que l'ambiance à la maison [ chez mon père ], c'est de la merde. Lucas ne mange pas, comme à son habitude. Il se bourre de bonbons, lui. Là ça passe. Je ne mange pas. Aïe.
- Tu n'as rien mangé. Tu m'fais chier.
Toi aussi papa, toi aussi ...
- Lui non plus.
- Peut-être mais lui au moins, il ne perd pas dix kilos et ne ressemble pas à un cadavre ambulant !
Bon sang. On peut tuer ses parents ? J'ai pris la mouche et j'me suis mise en colère, marre.
- Fous-moi la paix avec la bouffe. J'y peux rien si ça m'obsède !!
- Nan mais regarde-toi Tania. Regarde où tu vas. Va. Va à la salle de bain et regarde-toi dans le miroir. Je te l'ai déjà dit. Tu n'as plus de visage. Tu crois que ça fait plaisir de te voir comme ça ? Tu mets des pantalons que tu mettais y'a cinq ans, bordel ! Y'a rien qui te fait plaisir, rien. Et moi, tu crois que ça m'fait quoi ? Parce qu'en plus, tu veux pas me parler. Nan. Pour t'avoir, faut que Caroline te bourre de médoc's, anti-dépresseurs et toute sa merde, et que tu t'endormes dans l'divan ! Regarde où tu vas !! J'ai pas envie d'enterrer ma fille.
Et moi, tellement sensible et tellement conne à la fois, je lâche les larmes que je retenais si difficilement et je file à la toilette. J'y vomis mon repas, mon dégoût de la vie, de lui, de sa salope de laquelle il n'a d'ailleurs plus rien à foutre. J'te déteste. Je te hais parce que tu te décides enfin à t'occuper de moi. Mais c'est trop tard papa, bien trop tard. C'était avant qu'il fallait réagir ...
Lundi l'école et ... non. J'veux pas. Apprendre, les livres, les profs, c'est ça mon univers !! Alors comment est-ce que je peux en avoir peur ? J'veux retrouver J-M, ma prof d'histoire un peu loufoque, ma prof de français de l'année dernière et celle de l'année d'avant encore. J'aime croiser Mme Huvenne au coin d'un couloir et faire causette avec elle pendant cinq minutes. J'aime bien croiser M. Pauwels et qu'il me demande des nouvelles de chez moi. Il sait combien j'ai du mal avec mon père ... Avec ça, je me souviens de la fois où il avait éclaté de rage en pleine réunion de parents. J'ai eu droit à toutes les insultes. Pas d'échec. Aucun. Zéro. Nada. Niet. Juste un 52% en maths qu'il n'a pas supporté. Je n'arriverai à rien dans la vie, c'est ce qu'il m'a dit. Très bien. On verra papa. Je suis peut-être nulle en maths, mais j'essaye. Pardon de plonger mon p'tit nez dans les livres plutôt que dans les livres de maths lorsqu'il n'est pas plongé dans les toilettes.
Sortez-moi de cet enfer ... Je contrôle. C'est ce que je me dis. Tu parles. Tu contrôles que dalle, Tan, que dalle de chez que dalle et tu n'as jamais rien contrôlé. C'est frustrant. Frustrant et désespérant. J'voudrais tout plaquer, revenir au premier jour où j'ai tenté [ sans réussir ] de me faire vomir et me foutre une bonne claque dans la gueule. Je ne m'en rappelle en fait. Mais j'étais jeune. J'étais encore en primaire. Ce qui fait que je n'avais pas plus de douze ans. Brr, effrayant.
J'avais pensé qu'aujourd'hui serait une journée parfaite. Oui, j'ai encore quelques illusions ... Pas de p'tit déj et au dîner, j'ai dit que je n'avais pas faim. Ca n'était pas un mensonge. J'ai vu la pizza dans le frigo et mon estomac s'est serré. Crève saloprie. Crève et emporte cette sensation avec toi. J'ai dit que je mangerai au ciné. Chips et pop-corn ? C'est cela, oui -__- Façon, après l'engueulade d'hier sur la bouffe, fallait vraiment pas me les gonfler ... A midi, j'avais vidé une bouteille de coca light [ 1.5 L ] et je demandais à mon père de m'en ouvrir une autre. Je sais que c'est stupide mais je n'ai pas assez de force pour le faire moi-même *se planque sous le bureau* Premier reproche : même pas 14h que la bouteille est vide.
- J'ai soif.
- Arrête de boire, mange plus.
Au total, ça m'aura fait 4.5 litres de coca light sur ma journée. Sans compter celle que j'ai emmenée en haut pendant la nuit :P Et à deux heures du matin, j'faisais encore la sauterelle dans mon lit à jouer avec le chat et à me demander quel bouquin j'allais lire. Résultat : à cinq heures, je ne dormais toujours pas et j'aurais bien eu besoin d'une nouvelle paire d'yeux. Six heures, levée. Pas de p'tit déj. Pas de dîner et un ciné de prévu à 15h. Super. Pas mangé au ciné. Juste bu un litre de coca sur deux heures de temps et j'suis retournée à pattes chez ma mère. Trois kilomètres. Ca fait du bien ^__^ Sauf qu'avec le coca, j'devais faire pipi !!! *clubic* J'suis arrivée, dit bonjour et fait deux bises à maman et j'ai fermé la porte des toilettes. Ca m'apprendra ... mdr. 19h et j'pensais m'en être sortie avec la bouffe ! =D
- Lâche l'ordi et viens manger.
- Manger ? Maaannn ! J'ai mangé du pop-corn et des chips au ciné. J'ai pas faim moi.
Rho le bobard ... et sur commande en plus !!
J'me suis mise à table. Purée, boudin blanc et compote. Le boudin blanc est resté là, maman est partie regarder la télé dans sa chambre et moi j'suis partie vomir. Quelques minutes plus tard, je reprends possession de l'ordinateur et les conversations s'enchaînent. Mais j'ai faim ... Faim ? Non. Envie de manger, oui. Foutue boulimie de merde. Trois cookies, voilà ce que je me suis autorisée. Ensuite, un peu d'eau et direction toilette pour rendre tout ça. Un quart d'heure plus tard, toujours envie de manger. J'aurais dû jeter les trois cookies restants à la poubelle ... crétine. Ils sont passés dans le truc qui ressemble encore vaguement à un tube digestif. J'allais vomir, encore. Mais pas tout de suite. Il me restait du temps et l'envie de manger ne se calmait pas. Les M&M's maintenant. Une vingtaine. Hop, par poignées, sans regarder, sans mâcher. Quelle importance ? Ca n'est pas pour le plaisir, seulement pour engloutir. Un peu d'eau entre deux, pour que ça ne fasse pas trop mal. Mais l'estomac ne supporte pas. Même si Erica me dit que je peux garder, moi je sais très bien que je ne peux pas. Au dessus de mes forces, de ma volonté. J'ai saisi la bouteille d'eau et je me suis enfermée dans les toilettes. Une première fois, très douloureuse. Puis j'ai bu un peu d'eau, ce qui me restait de thornythorynx en feu. Mon maquillage avait coulé. Je pleurais sans m'en rendre compte et mon mascara dégoulinait. Malheur !! Mon estomac de nouveau plein [ 'suffisait de quelques gorgées ... ] et de nouveau une nausée me monte. Je repense à Elodie, la pauvre qui stagne à 38 kg et qui ne grossit pas, malgré tous ses efforts. Potomanie, le voilà son secret. Alors j'ai rendu. Encore. J'ai bu plus d'eau, presque un demi litre et j'ai tout vomi. J'ai fait ça jusqu'à ne plus vomir que de l'eau, c'est-à-dire jusqu'à ce que mon estomac soit vide de toute substance solide qui pourrait me faire souffrir. Après, à peine moyen de me relever. Assise par terre, j'ai songé à rejoindre ma mère dans son lit et à pleurer. Elle souffre bien assez ... Mais elle sait que ça ne va pas, que je vomis. Comment pourrait-elle ne pas le savoir en n'ayant que la salle de bain entre sa chambre et les toilettes ?
Maintenant, je voudrais m'arrêter. Ca me fait mal. La balance ne compte plus. On s'en fout. Même si je prie pour que demain matin, la balance n'indique pas plus de 51 kg. Ouais, surtout que cette foutue balance digitale indique toujours plus que la balance à aiguille que j'ai chez mon père ... *dry* J'suis fatiguée, lessivée. Pardon pour le jeu de mots, il n'était pas intentionnel. J'suis tombée dans un puits sans fond et j'attends de pouvoir saisir une de ces cordes que l'on me tend. Je manque de courage, de forces et puis en ai-je réellement envie ? Laissez-moi dormir. Je me relèverai bien toute seule ...